Contes

Le Petit Prince, un extrait : le petit prince

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Le dessin animé du Petit Prince s’inspire de l’oeuvre de Saint-Exupéry et lui fait vivre des aventures extraordinaires qui plairont aux petits et aux grands.

Accompagné de son fidèle Renard, le Petit Prince tente de sauver l’univers des mauvaises intentions du Serpent et retourner au plus vite auprès de sa Rose.

contes-africains

conte-du-caméroun : Kulu la Tortue et Zé la Panthère

conte-du-mali : Samou-la-Misère

conte-de-République Démocratique du Congo : Makembé

conte-du-sénégal : Coumba, la fille sans mère

Il était une fois une petite fille qu’on appelait « Coumba sans mère ».
Sa mère était morte, et elle vivait avec sa marâtre.
Coumba sans mère avait aussi deux frères, mais ils étaient partis faire leurs études hors du pays.
Cette fillette était polie et travailleuse. Elle seule cuisinait pour la famille.
Tous ceux qui la voyaient l’aimaient, sauf la seconde femme de son père, jalouse, qui disait :

– « Je trouverai un moyen de la tuer !»

Elle avait décidé d’offrir l’orpheline au lion féroce vivant dans la forêt.

Un jour, la marâtre alla puiser de l’eau à la rivière. Après avoir rempli sa bassine elle demanda :

– « Qui vient m’aider ? »

Le crapaud arriva avec ses petits bonds. Elle lui dit :

– « Ha, tu es trop petit. Ta taille ne convient pas ».

Le serpent se présenta mais elle trouva qu’il manquait de force.

Le lion arriva et dit :

– « Il n’y a que moi ici pour t’aider mais je demande un cadeau en échange ».

– « Coumba sera ton cadeau, lui dit-elle »
« Samedi prochain, nous organiserons une grande fête. Je la pousserai à y aller. Quand tu rugiras en arrivant, je fermerai la maison et la porte de sa chambre. Elle ne pourra pas entrer pour se mettre à l’abris »

La marâtre revint comme si de rien n’était. Elle ne dit mot à l’enfant.

Ce samedi-là, les enfants vivaient pleinement la fête.
Brusquement, le lion rugit. Il réclamait sa proie. L’enfant courut. Elle cria. Elle fila vers leur maison, mais toutes les portes étaient fermées.

Amy Diouf, sa seule véritable amie, décida de ne pas l’abandonner. Le lion n’avait qu’à les tuer toutes les deux. Elle courut retrouver Coumba.
Le djinn, un petit génie qui vivait sur le tamarinier dans le champ de son père, s’envola. Il atterrit là où était le grand frère de Coumba. Il frappa à sa porte.

– « Votre sœur est donnée en cadeau au lion. Il la poursuit en ce moment pour la tuer. Je viens te chercher pour la sauver ».

Le frère attrapa son fusil et sortit. Le djinn lui dit : « Ferme les yeux ». Il les ferma et atterrit là où était son petit frère.

Pendant ce temps, Coumba et Amy se croyaient perdues. L’une avait grimpé à un arbre. L’autre se tenait au pied de l’arbre.

Sans trembler, les deux frères visèrent le lion, tirèrent et le blessèrent en même temps, sauvant ainsi les deux fillettes.
Le lion, blessé, marcha jusqu’à la cour de la maison et attaqua la marâtre.

Coumba, ses frères et son amie retrouvèrent le djinn hors du village. Il leur dit :

– « Votre mère était mon amie. Elle prenait soin du tamarinier où je vis. Vous êtes assez instruits maintenant. Restez ici avec moi et je vous donnerai mon savoir ».
Les frères acceptèrent et ils vécurent heureux, unis, avec leur sœur Coumba.

C’est ici que le conte se jette en mer, le premier qui en hume l’air ira au paradis.

Conte du Sénégal 

conte-du-mali : Samou-la-Misère

A Dougoulina, vivait un vieux paysan. Il était pauvre et malheureux. On l’appelait Samou-la-misère. Il avait une femme malingre et deux chétifs enfants.

Samou était un gros travailleur.
Tous les ans, il semait, mais la sécheresse ou les oiseaux pillards venaient à bout de ses efforts.
Misérable, Samou décida d’aller dans les mines d’or de Koulikoro. Il y creusa des puits innombrables mais ne vit pas briller la moindre pépite.
Affamée, sa femme tomba malade et mourut.
Samou aussi rendit l’âme quelques semaines plus tard.

Ses enfants furent alors considérés comme des damnés.
Ils devinrent des mendiants. Toutes les portes se fermaient à leur approche.

Les deux petits enfants s’exilèrent dans la forêt qui devint leur mère nourricière. Les enfants reprirent bonne mine. Mais le soir, ils pleuraient cet abandon des hommes.
Un matin, les enfants furent réveillés par le tonnerre. L’ainé dit à son jeune frère :

– « Que faire ? »

– « Faisons comme notre père. Chantons sa chanson magique »

– « ôh pluie bienfaisante, messagère de bonheur, arrose toutes les terres mais épargne les terres de Dougoulina, le village des mauvaises gens ».

Dès que les enfants dirent la complainte, la masse des nuages bascula et s’en alla arroser d’autres terres.

Au village, cette première pluie manquée fut durement ressentie. Mais le chef dit :

– « Bon, l’hivernage n’est qu’à son début ».

Au cours des semaines qui suivirent, les enfants faisaient encore partir les nuages. Les habitants souffraient. Petit à petit, la peur s’installa.
Un des charlatans dit :

– « Les fétiches n’ont pas été honorés »

Des animaux domestiques furent sacrifiés. Mais la pluie refusait de tomber sur Dougoulina…

Les villageois s’accusèrent mutuellement. Il y eut des bagarres. Mais la pluie ne tomba pas.

Un jour, un étranger arriva. Il fut bien reçu et dit :

-« Je suis un chasseur. Je connais parfaitement le secret des hommes et de la brousse. Vous êtes les vrais responsables de vos malheurs. Au prochain coup de tonnerre, je sortirai avec les hommes encore valides dans les bois ».

Le lendemain, ils s’en allèrent dans la brousse. Tout le monde se tapit dans les bois et attendit.
Le tonnerre gronda.
Sortant de la futaie, deux petits gamins, nus comme des vers, vinrent dans la clairière. Ils firent face aux nuages et chantèrent.

Encore une fois, la masse des nuages s’en alla. Le chasseur sortit des bois arborant un grand sourire vers les enfants.
Il leur présenta deux grandes tranches de viande. Les enfants hésitèrent puis mangèrent.

« Habillez-les. Prenez bien soins d’eux » ! dit-il.

Les enfants furent royalement traités.
Quand le tonnerre gronda, ils vinrent sur la place publique les yeux baignés de larmes et chantèrent :

« ôh pluie bienfaisante, messagère de bonheur, arrose les terres de Dougoulina qui traite bien ses orphelins ».

De mémoire de vieillard, jamais Dougoulina ne reçut une telle averse.

Depuis ce jour, on dit cet adage Bambara : « L’homme vient entre les mains des hommes et s’en va entre les mains des hommes ».

Conte du Mali

conte-de-République Démocratique du Congo : Makembé

Il était une fois, un village malheureux.

Malgré les invocations des saints, aucune femme ne tombait enceinte depuis dix ans.
Un génie maléfique empêchait la naissance des enfants.

Un jour, un des sages du village appela Makembé, le petit futé, et lui dit :

– « Makembé, depuis des années nous attendons le bonheur en vain. Peux-tu nous aider ? »

– « Mais je suis trop jeune » répondit Makembé

– « Tu es un enfant mais je te fais confiance »

Makembé se souvint que sa grand-mère lui avait parlé de l’arc magique. Il alla la voir. La grand-mère lui dit :

– « Pour trouver l’arc magique, tu devras répondre à ma question ». « Si tu rencontres un homme malade sur un cheval malade qui soigneras-tu en premier ? »

Makembé répondit :

– « D’abord le cheval, grand-mère. Parce que si je le soigne, il pourra transporter l’homme et l’amener chez lui. Il y sera soigné à son tour. »

La grand-mère était contente de sa réponse et Makembé partit chercher l’arc magique.

Il fut attaqué par des fourmis géantes. Il grimpa sur une montagne et échappa à ses ennemis.

Il y trouva une tortue aveugle. Elle lui demanda de rester avec lui pour la nuit.

Mais au milieu de la nuit, la tortue fut attaquée par des singes avec des têtes de poissons.

Makembé, se cacha et imita le rugissement du lion. Son cri fut si effrayant que les assaillants se sauvèrent.

La tortue demanda à son hôte le but de son voyage.

Makembé lui dit qu’il cherchait l’arc sacré. Elle ria et dit :

– « Tu es vraiment fou. Tous ceux qui ont cherché cet arc sont morts en forêt ».

La tortue lui donna une poudre magique et des plumes de pintade capables de purifier les flèches.

Makembé continua son chemin et tomba sur un nid d’oiseaux rouges. Il toucha les œufs et un vent terrible se leva. Il fut soulevé. Il résista et affronta le vent en s’adossant à un arbre.
L’arbre fut déraciné et jeté au ciel. Makembé s’accrocha encore.
Il regarda le sommet de la montagne et vit un trou éclairé avec l’arc pendu au milieu.
Makembé se frotta le visage avec la poudre magique et sauta sur la montagne.

Il prit l’arc.
Il revint chez lui.
A l’entrée du village, Makembé tira une première flèche sur le sommet de la case du sage. Il arma une deuxième flèche et toucha le sommet de l’arbre magique au milieu du village.

Les éclairs et le tonnerre se réveillèrent.

Les villageois portèrent la dernière flèche à Makembé. Il y attacha les plumes de pintade, arma et visa le sommet de l’arbre magique.

On entendit un bruit sourd. Du haut de l’arbre tomba un génie noir et barbu. Et c’est ainsi que les femmes furent libérées de ce génie qui empêchait les grossesses dans le village.

Heureux, Makembé voulut présenter l’arc au sage, mais l’arc avait disparu. Le vieux sage posa alors le doigt sur sa bouche. Ce serait leur secret.

Et depuis ce jour, les enfants sont respectés au bord du fleuve Congo.

Conte du Congo RDC

conte-du-cameroun : Kulu la Tortue et Zé la Panthère

Il était une fois, un petit village d’animaux.
Zé la Panthère en était la cheffe. Elle possédait le plus vaste champ de noix de cola.

Certains animaux disaient :
« Que son champ est beau ! »

D’autres clamaient sa bravoure :
« Zé est une travailleuse infatigable !».

Zé la Panthère était surtout un animal redouté. Elle était méchante.

Dans le village des animaux, tout le monde avait envie de gouter aux jolies noix de cola mais le courage leur manquait. Zé les aurait tués.

Kulu la Tortue avait une irrésistible envie de ces délicieuses noix. Elle traînait au bord du champ pour observer les noix qui embellissaient à vue d’œil. Quand arriva le moment des récoltes, prétextant d’aller en voyage, Kulu fit un long détour et s’introduisit discrètement dans le champ. Elle gouta à une juteuse noix. Puis à une deuxième. Elle revint tous les jours et dégusta de nombreuses noix.

Un jour, Zé réunit les siens pour l’aider à récolter son champ. Elle ne voulait pas que ses noix lui soient volées. Quand elle entra dans le champ, elle constata avec surprise qu’une grande partie des noix avait disparu. De rage, ses larmes coulèrent.

Elle cria :

– « Oh malheur ! Qui a osé me voler mes noix de cola ? »

Son cri fut tellement fort que les fruits tombèrent des arbres. Les animaux affolés, coururent vers elle. Les éléphants ravagèrent les champs sur leur passage. Les hippopotames, les lions en firent autant. Panique générale !

L’araignée arriva et dit :

– « Majesté que votre colère nous épargne. Je ne sais pas ce qui vous a mis en colère mais accordez votre pardon. »

– « Majesté, dit l’éléphant, celui qui a gouté à tant de noix n’a certainement pas encore fini de les mâcher. Que chacun ouvre sa gueule pour voir ».

Les animaux furent tous alignés gueules ouvertes. La chèvre était encore en train de ruminer ses herbes quand le lion vérifia sa bouche. Il y vit le signe de sa culpabilité et elle fut accusée de vol.

Discrète, la tortue fit comme si de rien n’était. Mais au moment où Zé la Panthère voulut sauter sur la chèvre, l’éléphant qui reculait marcha sur la tortue qui régurgita deux noix.

Accusée à son tour, la tortue nia et insista sur la culpabilité de la chèvre.

Affolée, cette dernière demanda à Zé la panthère de vérifier les empreintes de pattes dans son champ.
Le lion fit le tour du champ sur ordre de Zé et revint comme une flèche.

Il dit à Zé :

– « Majesté, je n’ai vu que les traces de vos pattes et celles de la tortue dans le champs »

Zé la Panthère se précipita, furieuse, sur la tortue, la prit dans sa gueule et la jeta sur un gros arbre. C’est ainsi que la belle carapace lisse qui la couvrait se fissura superficiellement. La chèvre quant à elle fut libérée.

En guise de leçon, Zé demanda à la tortue de replanter son champ de colas, de le surveiller et de le remettre comme il était. Et c’est ce que fit Kulu.

Une fois le nouveau champ récolté, Kulu demanda pardon à Zé.

Zé prit la plus belle des noix et en offrit une moitié à Kulu. Et c’est ainsi que la panthère et la tortue devinrent de bons amis. Depuis on dit que : « La cola ne se brise que pour sceller l’amitié ».

Conte du Cameroun